Déclarer un partenariat rémunéré : ce qu’il faut savoir
Un contenu payé — ou obtenu en échange d’une contrepartie — doit être identifié comme tel auprès de l’audience. C’est un principe de droit de la consommation, pas une règle de plateforme, et il s’applique à Madagascar comme ailleurs. Cette page explique ce qu’il recouvre concrètement, et qui en répond.
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Le principe : une publicité doit se voir comme telle
Un contenu produit en contrepartie d’un paiement ou d’un avantage est un contenu commercial. Il doit être identifiable comme tel par la personne qui le voit, dès qu’elle en prend connaissance — sans avoir à chercher, ni à déduire.
La règle ne vient pas des réseaux sociaux, et elle est plus ancienne qu’eux. Elle vient du droit de la consommation, qui repose sur une idée simple : une personne doit pouvoir distinguer un avis désintéressé d’un message commercial, parce que les deux ne s’évaluent pas de la même façon. Un contenu publicitaire présenté comme une recommandation spontanée relève d’une pratique commerciale trompeuse.
Ce qui a changé avec les réseaux, c’est le brouillage : un post sponsorisé a exactement la même forme qu’un post ordinaire, sur le même compte, dans le même fil. C’est précisément pour ça que la mention explicite est nécessaire — rien d’autre ne signale la différence.
Qu’est-ce qui rend un contenu « commercial » ?
Toute contrepartie reçue en échange du contenu, quelle qu’en soit la forme : un versement, un produit offert, un repas, une nuit d’hôtel, un accès à un événement, une remise, ou même un service. La contrepartie n’a pas besoin d’être de l’argent pour créer l’obligation.
C’est le point le plus mal compris, et de loin. Beaucoup de créateurs pensent que la mention ne concerne que les collaborations payées en argent. C’est faux : un repas offert est une contrepartie, une nuit d’hôtel est une contrepartie, un produit envoyé et gardé est une contrepartie. Dans les trois cas, le contenu qui en résulte est commercial.
- Un versement, quel que soit son montant.
- Un produit offert, envoyé pour test et non restitué.
- Un repas, une nuit, une prestation offerte.
- Un accès gratuit à un événement payant.
- Une remise substantielle accordée en échange d’une publication.
- Un lien d’affiliation, même sans versement préalable.
Le seul cas qui ne déclenche rien est celui du contenu réellement spontané : vous avez payé le repas, personne ne vous a rien demandé, vous en parlez parce que vous avez aimé. Si l’une de ces trois conditions tombe, la mention s’impose.
Qui est responsable ?
Le créateur, en premier lieu : c’est lui qui publie, et c’est sa parole qui est engagée devant son audience. La marque a une responsabilité propre en tant qu’annonceur. La plateforme qui met les deux en relation n’est partie à aucune collaboration.
Nos conditions d’utilisation le formulent sans ambiguïté à l’article 11 : le créateur s’engage à identifier clairement le caractère commercial ou sponsorisé de tout contenu produit dans le cadre d’une collaboration, et « un contenu commercial présenté comme un avis spontané expose son auteur, et lui seul, aux conséquences de cette présentation ».
Cette formulation est volontairement directe, parce que la tentation inverse existe : un créateur peut être tenté d’omettre la mention en pensant que le contenu « passera mieux ». C’est un mauvais calcul à deux titres. D’abord parce que c’est lui, et pas la marque, qui apparaît devant l’audience. Ensuite parce qu’une audience qui découvre après coup qu’un contenu était payé ne pardonne pas — et c’est la confiance de cette audience qui constitue le seul actif d’un créateur.
The List intervient en qualité d’intermédiaire technique : elle référence des créateurs, publie des opportunités et met les parties en relation. Elle n’est partie à aucune collaboration conclue entre un créateur et une marque, et n’intervient ni dans sa négociation ni dans son exécution.
Et à Madagascar, concrètement ?
Les principes du droit de la consommation — dont l’interdiction des pratiques commerciales trompeuses — s’appliquent, mais il n’existe pas à ce jour de régime spécifique au marketing d’influence, ni d’autorité qui contrôle activement ce point. L’obligation est donc réelle, et l’exigence pratique vient surtout des plateformes et des marques.
Il faut être précis ici, parce que c’est le genre de sujet sur lequel il est facile d’écrire des choses fausses avec assurance. Plusieurs pays se sont dotés ces dernières années d’un cadre spécifique à l’influence commerciale, avec des sanctions dédiées. Madagascar n’en fait pas partie à notre connaissance. Cela ne signifie pas qu’aucune règle ne s’applique : les principes généraux qui interdisent de tromper le consommateur, eux, s’appliquent.
En pratique, trois forces poussent dans le même sens, et elles suffisent largement à faire de la mention une norme professionnelle. Les plateformes elles-mêmes imposent leurs propres règles de divulgation, indépendamment du droit local, et sanctionnent les comptes qui ne les respectent pas. Les marques internationales qui travaillent à Madagascar appliquent le standard de leur marché d’origine. Et les audiences, enfin, sont de mieux en mieux averties — la mention est de moins en moins pénalisante, l’omission de plus en plus visible.
La position raisonnable est donc simple : appliquez la règle exigeante, sans attendre qu’un texte vous y oblige. Elle ne coûte rien, elle protège le créateur, et elle rend la collaboration plus crédible plutôt que moins.
Questions fréquentes
Faut-il mentionner un partenariat quand on n’a reçu qu’un produit ?
Oui. Un produit offert est une contrepartie, au même titre qu’un versement. Ce qui déclenche l’obligation, c’est le fait d’avoir reçu quelque chose en échange du contenu, pas la nature ni le montant de cette contrepartie.
Un mot-clé du type « #ad » suffit-il ?
Rarement. Un mot-clé noyé dans une série d’autres, ou placé après un « voir plus », n’est ni explicite ni perceptible dès la prise de connaissance du contenu. Une mention en français en tête de légende — « publicité », « collaboration commerciale », « en collaboration avec [marque] » — remplit la fonction ; le mot-clé peut s’y ajouter, pas s’y substituer.
La mention fait-elle baisser l’engagement ?
C’est la crainte habituelle, et elle est de moins en moins fondée : les audiences reconnaissent les contenus commerciaux avec ou sans mention. Ce qui fait réellement chuter l’engagement, c’est de découvrir après coup qu’un contenu était payé — et cette découverte-là abîme la confiance, pas une seule publication.
The List vérifie-t-elle que les mentions sont faites ?
Non. The List est un intermédiaire technique : elle met en relation, elle n’intervient pas dans l’exécution des collaborations et n’a pas accès aux publications réalisées. L’obligation figure à l’article 11 de nos conditions d’utilisation, que chaque créateur accepte à l’inscription.
La marque peut-elle exiger qu’on n’indique rien ?
Elle peut le demander ; il ne faut pas l’accepter. C’est le créateur qui publie, c’est sa parole qui est engagée devant son audience, et c’est lui qui en répond. Une marque qui exige l’omission de la mention demande de tromper l’audience à sa place — c’est un signal suffisant pour refuser la collaboration.
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Comment le formuler concrètement
Par une mention explicite, en français ou en malgache, placée au début du contenu et non à la fin d’une liste de mots-clés : « publicité », « collaboration commerciale », « partenariat rémunéré », ou « en collaboration avec » suivi du nom de la marque.
Trois qualités sont attendues d’une mention, et ce sont exactement celles que reprennent nos conditions d’utilisation : elle doit être explicite, lisible, et perceptible dès la prise de connaissance du contenu.
Explicite
Le mot doit dire ce qu’il désigne. « Publicité », « collaboration commerciale », « partenariat rémunéré », « en collaboration avec [marque] » sont explicites. Un simple mot-clé du type « #ad » noyé dans une série d’autres ne l’est pas — pas plus qu’un « merci à » qui laisse penser à un remerciement amical.
Lisible
La mention doit se lire sans effort : au début de la légende et non après un « voir plus », dans une taille et un contraste suffisants si elle est incrustée à l’image, et suffisamment longtemps à l’écran s’il s’agit d’une vidéo ou d’une story.
Perceptible dès le début
C’est le point le plus souvent manqué. Une mention placée à la fin d’un texte long arrive après que le lecteur s’est fait son opinion — elle ne remplit donc pas sa fonction. En vidéo, elle doit apparaître dès les premières secondes, pas au générique.
Les outils natifs des plateformes — le libellé « Partenariat rémunéré avec » d’Instagram, l’équivalent sur TikTok et YouTube — remplissent ces trois conditions et sont la solution la plus simple. Ils ne dispensent pas d’une mention écrite dans la légende, mais ils la complètent utilement.